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Tytu³: Peint par la sueur

  • Wykonawca: Charles Trenet
  • Wy¶wietleñ: 251
"Cet ecclésiastique se servait d'une marque de cirage appelée
   "A l'Ecclésiastique". Avait-il le goût des sentiers ardus et
   trop ensoleillés qu'il gravissait l'été à bicyclette, pédalant et
   suant comme un cheval avec sa pomme d'Adam qui usait son
   faux-col. Ne préférait-il pas vivre à l'ombre des ormes de son
   séminaire ?"
  
   A Raoul Breton et la Marquise.}
  
   Je m'en souviens, de ces jeudis, poireaux sauvages
   Dans les vignes de l'Aude avec mes camarades,
   Avec l'abbé sportif jouant au tambourin,
   soulevant sa soutane pour courir bien,
  
   Pour courir mieux, clignant des yeux,
   Car la poussière d'or lui fait verser des larmes.
   J'en ai connu de ces jeudis pleins de gendarmes.
   Je dis : jeudis, mais samedis non moins de charme.
  
   Vous aviez le secret de verser la fraîcheur
   Du Pernod de grand-père au c?ur des carrelages.
   Le wagon-foudre des voisins rempli d'échos
   Retentissait encore de vos chansons, vendanges !
  
   Les pieds des vendangeurs aux oignons rouge sang
   Carmagnolaient allègrement. Les jambes blanches
   Au poil noir, où venaient s"coller quelques mouches, allaient d'un pas dansant.
  
   Voici Sultan, le chien qui dort et qui se couche
   Au milieu de la route pour dormir. Impossible
   De le tirer de là. Allons Sultan, va-t'en !
  
   Mais il a des idées de sommeil, de chien fou. La vieille qui
   va passer par là, il la mordille un peu. Alors elle met du
   soufre sur ses bas, Sultan crache du feu. Le voilà parti roulant
   dans la poussière comme une vieille automobile.
  
   Il paraît que prochainement un cirque doit venir. En cet
   honneur nous pavoisons. Grand-mère jette de l'eau sur les
   voyous qui s'attroupent dans la rue. "Allez-vous-en, mar-
   maille !", crie-t-elle. Moi je joue du clairon comme ça, avec
   la main, pour les appeler.
  
   On ne peut plus vous supporter dans le village,
   Canicule de juin qui brûle comme tout.
   Le soleil a mangé la couleur des murailles.
  
   Un journalier s'essuie le front, c'est à Fitou
   Que la scène se passe, et c'est aussi La Palme
   Et la Franqui sauvage et sa presqu'île calme
   Et puis Sainte-Lucie où l'on peut acheter
   Une chèvre un peu folle,
   Des joies en liberté,
   Un lapin agricole
   Qui sait donner la patte,
   Un titre de noblesse : Armand des Aromates,
   Un lac salé qui sèche au soleil, là si lent
   Qui le boit goutte à goutte et d'un air nonchalant
   Fait miroiter mille facettes de lumières
   Aux carreaux des maisons, aux yeux de la fermière,
   Au mica sur la plage, au feldspath sur le roc,
   Au bec de coq au coteau crû, à ces coquilles,
   A ces charbons de coke, à ces gâteaux-rousquilles,
   A ce cliquetis d'armes. On se bat en duel
   Dans le bois d'à côté. Divinités du ciel !
   Le docteur saura-t-il panser toutes ces plaies ?
   Il ne sait réparer qu'un chapeau haut de forme.
   Il ignore le sang, les veines et les nerfs.
   Cessez ce vieux combat, Messieurs, vous avez l'air
   D'acteurs de film muet. Enlevez-moi ces barbes.
  
   Ils sont partis me laissant tout seul avec la grenouille. La
   grenouille qui vole un b?uf. Qui vole un b?uf en vole neuf.
   Je n'ai pas terminé mon devoir sur la Grèce. Je préfere l'époque
   des Gaulois, mais je crois tout de même que Vercingétorix
   était un personnage de théâtre.
  
   Voici Abert Lambert avec ses espadrilles.
   Musidora se meurt au fond de cette cuve.
   Suzy l'américaine avec Justin Clare
   S'échappent d'une hutte en feu, quel naturel !
  
   Ce feu nous a brûlé pendant notre jeunesse,
   Que ce soient les souliers trop luisants, la paresse,
   La vigne, la maison si fraîche dans le noir,
   Il vient avec l'été ressusciter des ombres.
   Une à une, aujourd'hui, mon rêve les dénombre.
   Il suffit d'appeler au fond de ce couloir !